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Voir la version complète : Ni vert, ni bleu...


Automne
06 février 2009, 02h42
Le garçon était adossé à un congélateur.
Sa surface en était blanche et monotone, bien que la rouille se développait dans les multiples écailles du revêtement.
Sa tête penchait à droite, maintenue par le croisement de ses bras posés sur ses genoux. Depuis longtemps maintenant, il était la victime d'un sort magique. Et à l'instant là, il pensait à la malédiction qui avait tant pesé sur ses frêles épaules, qui était devenue son amie, sa pire ennemie, qui était devenue sa vie. Il se rappelait, quand il était normal, il ne voulait que jouer en souriant et il faut bien dire que son visage était un vrai tableau à sempiternels et sincères sourires.
Il se souvenait de la dernière personne à qui il avait parlé en étant humain. Dans sa mémoire de rêveur, c'était une jeune fille brune, dont les cheveux tombaient en cascades aux légères boucles jusqu'au milieu de son dos. Elle avait des yeux bleus à croquer.
Il avait oublié de lui dire quelque chose qui lui tenait à coeur, il ressassait souvent cette phrase : "Toi qui joues avec moi ? Mais tu sais, j'attends que ça."

Il était toujours en retard, probablement parce qu'il cherchait sa tête qui se promenait dans les nuages blancs. Ils étaient tous blancs. Ils avaient perdu leurs couleurs ; des nuages délavés, passés au chlore pur des parois de sa bulle.
A dire vrai, même la neige ne se déposait plus sur ces éternels êtres du ciel et il ne s'en rendait pas compte.

Et cette malédiction lui était tombée dessus. Il lisait alors un vieux roman d'enfance, un roman dont il connaissait presque chaque mot d'aventure et de féérie et, au détour d'une page, il s'aperçut que celle-ci avait perdu tout son paysage. Les mots avaient disparu, les lettres, la ponctuation également. Il ne restait plus qu'une page vierge, exempte de vie et dont même l'odeur semblait s'être dissipée. Il feuilleta alors les pages suivantes, mais elles avaient aussi été complètement effacées. Les arbres par milliers, les châteaux colorés, les chapeaux des personnages, tout avait disparu. Le monde s'était simplement volatilisé. Il parcourut alors les pages qu'il venait de lire, mais elles avaient fait la même chose que les autres. Cependant, certaines traces demeuraient. Quelques mots subsistaient, survivants errants dans un désert vierge et blanc, grand comme la Terre et vide comme le néant.

Il prit un papier et un crayon et s'empressa de les noter, de peur qu'ils disparaissent à leur tour aussi. Il s'en rappelait très bien, car, correctement placés, ils formaient une phrase. "D'une larme traversée par un sourire naît un arc-en-ciel."
Il la lut plusieurs fois à haute voix, et d'un coup, il se mit à pleurer. Il n'avait pas pleuré depuis des années, mais cette fois, il n'y put rien. Tout ce qui était en lui s'effondrait, la tristesse le caressait, puis l'empoignait, avant de l'embrasser tendrement.
Il cligna des yeux et cette fois, son sourire s'afficha sur son visage et tout allait bien. Il recligna des yeux et il se remit à sangloter...

C'est là qu'il prit conscience de sa malédiction. Il ne contrôlait rien. Dès qu'il clignait des yeux, son âme passait du blanc pur au noir le plus profond, le plus intense qui soit. C'était un noir qui faisait passer les ténèbres pour un soleil au zénith. Il lui suffisait juste de cligner des yeux pour pleurer ou rire.
Et il pensait à ça, adossé à ce congélateur.

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Il ouvrit la porte de son champignon au chocolat, sa maison. La pépite grinça un peu, comme d'habitude. Son petit sac à dos encerclant ses épaules, il alla faire quelques pas, dehors, comme il se plaisait tant à le faire chaque jour.


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En fait, la première partie, c'est le "début de l'histoire", et la deuxième et très petite partie, c'est la "fin".

Ceux que ça amuse, vous pouvez inventer le milieu. :)

Je vous souhaite une bonne journée.
La mienne sera poétique.

Salut ! :)

cestovat
06 février 2009, 14h10
bon je me retrouve la..a savoir envie de lire la suite...:)

Artymori
06 février 2009, 19h57
...Et il pensait à ça, adossé à ce congélateur.

La phrase récupérée dans livre lui revenait alors en tête.
Il la murmurait sans cesse, de plus en plus vite et de plus en plus fort : "D'une larme traversée par un sourire naît un arc-en-ciel", "D'une larme traversée par un sourire naît un arc-en-ciel, "D'une larme traversée par un sourire naît un arc-en-ciel"...
Il la chuchotait, la murmurait, la criait, la hurlait et ainsi de suite, pendant de nombreuses minutes... Ces répétitions de mots juxtaposés semblaient être une sorte de sortilège qu'il se serait jeté à lui même .

Il a fini par ne plus du tout contrôler ses gestes. La malédiction alla de paire. Ses yeux se mirent à cligner de plus en plus vite, le faisant changer d'humeurs à chaque fois ... Son visage n'en pouvait plus. Son corps était à bout. Ses jambes se fléchissaient au moment où les larmes de joie se mêlèrent à ses larmes de tristesse...
Le garçon était là, à crier sa souffrance, à se tenir dressé sur ses genoux, le dos courbé par la douleur et les mains appuyées contre son visage pour cause que ses larmes lui brulaient le visage... Il s'aperçu alors que ces "gouttes d'iris" devenaient de plus en plus grosses et de plus en plus colorées. Ces couleurs pures, ressemblaient très fortement à celles du pantone de l'arc-en-ciel...
Une pluie torrentielle de larmes tombaient sur le béton rugueux du sol anthracite, tandis que ces flaques surprenantes apparurent en lac grandissant. Le garçon aux sanglots lourds était presque allongé. Puis, se calma peu à peu, les yeux apeurés fixant le sol à vingt centimètres de son nez. Il resta un bon moment comme cela à ne pas bouger.

Pendant quelques secondes, il était comme psychologiquement paralysé. Infirme de la pensée.

Ses essoufflements de terreur faisaient vibrer en ondes dessinées, les flaques de larmes qui de leur coté, devenaient de plus en plus imposantes.
Le garçon fut soudainement attiré par "l'intérieur" de la flaque réfléchissant son image... Une dernière goutte arc-en-ciel coulait doucement le long se son visage laissant sur ses joues une sorte de trace colorée retraçant le début d'un bout de chemin poétique. Il vit cela avec beaucoup de stupéfaction et préféra rester immobile à attendre... Attendre quoi? Lui même ne le su pas.

Et ce que inconsciemment le garçon semblait chercher, se produisit soudainement...
La dernière "goutte d'iris" se laissa tomber éperdument dans la flaque réfléchissante, pour s'abandonner à un nuage coloré formant multiples ondes, de manière à ouvrir progressivement une porte d'un paysage qui lui était totalement inconnu...


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*à vous de continuer...*^^

zozoescargot
08 février 2009, 16h48
La dernière "goutte d'iris" se laissa tomber éperdument dans la flaque réfléchissante, pour s'abandonner à un nuage coloré formant multiples ondes, de manière à ouvrir progressivement une porte d'un paysage qui lui était totalement inconnu...


Il tendit la main et se retrouva comme happé dans ce monde extraordinaire.
Quelqu'un ou quelque chose lui tirai la main, fortement. Il sentit tout son corps se soulever et tomber, dans un chute interminable.
Il ferma les yeux, voulu les ouvrir pour voir autour de lui, mais la vitesse et la peur l'en empêchait. Cette chute vers l'inconnu le terrorisait mais il se sentit étrangement libéré, comme ci cette chute était justement ce qu'il attendait depuis toujours... tomber vers l'infini....

Tout a coup, il s'effondra dans une sorte de chamallow géant et tellement moelleux.
Sa chute avais été si bien amorti qu'il ne ressenti pas la moindre douleur mais plutôt l'extase de se retrouver la.

Il s'étira dans ce cousin magique, attendit quelques secondes et ouvrit enfin les yeux.

Ce qu'il vit était la chose la plus éblouissante au monde.
Autour de lui que des nuages et l'immensité du ciel à perte de vue. Les couleurs étaient si belles qu'il ne put s'empêcher de verser quelques larmes. En silence car le spectacle qui vivait devant ses yeux l'avait démuni de sa voix.
Les couleurs étaient irréelles et dansait devant ses yeux, venaient lui frôler le nez par moment et lui chuchoter des moqueries au creux de l'oreille.
A cet instant il n'eut jamais ressentit autant de joie et de bien être au fond de lui.
Combien de temps est il rester la sans bouger, sans respirer accroché à son nuage perdu dans cette vision impalpable?


A un moment précis, il revient à lui et tourna la tête pour chercher qui l'avait entrainé ici dans ce pays des arcs en ciel enchanteurs.
Mais il ne vit rien.
Rien d'autre que cette mousse légère qui l'entourait et l'embrassait.

Pas la moindre ombre a l'horizon.


Mais comment est ce possible? Comment peut-on tombé dans les nuages?


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a vous d'écrire la suite^^

Automne
11 février 2009, 04h44
J'crois que lui aussi, on va l'appeler Alice. :) :)

Une fine volute de fumée s'élevait, d'un peu plus loin, derrière les monticules arrondis de l'immense nuage. Les couleurs drapées d'un arc-en-ciel embrassaient les formes vallonnées qui dessinaient l'horizon.

Le sol était mou sous ses pas, mais étrangement résistant malgré tout. L'expression neutre, il ne clignait plus des yeux, et il se rendait vers l'origine de la fumée.

C'était une feuille verte, qui portait à ses nervures pennées un corps de tabac dans une robe de papier. Au fur et à mesure qu'elle en consommait, ses couleurs viraient à l'ocre, au rouge, et au jaune. Elle vieillissait, joliment, et prenait ses teintes d'automne.

Le garçon lui demanda où il se trouvait, mais la feuille n'émit aucune réponse. La braise se rapprochait d'elle et bientôt, elle commença à noircir l'épiderme, puis le troua, crayonnant comme le contour d'un soleil sombre autour de la perforation.
Un rond de vent la souleva, faisant tout d'abord voleter la cendre, puis il l'emporta.
Dans les airs, le vent écrivit avec la cendre : tu es de la même couleur qu'une feuille brûlée...
Et tout se dissipa.

Le garçon regarda ses mains, ses vêtements, ses cheveux...et il s'aperçut qu'il avait perdu toutes ses couleurs. Il n'était plus qu'un être cendré, aux nuances de gris.
Et ses yeux ne clignaient toujours pas.

Alors, il se mit à marcher vers les couleurs, se disant que, peut-être (mais en réalité, il en était sûr), il rencontrerait bientôt un crayon qui savait faire tous les coloris possibles...


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Mesdemoiselles, vos récits surréalistes sont la bienvenue. J'ai fait ce que j'ai pu pour parvenir à vous suivre toutes les deux. J'ai l'sourire aux lèvres rien qu'à penser à vos têtes pleines de rêves.^^
Ca donne envie d'manger des bonbons, j'trouve. Ouais, vous m'donnez envie de manger des bonbons.^^

No-Mad
12 février 2009, 15h47
Il sillonna la route méandreuse, contournant les montagnes nuageuses pour parvenir aux couleurs. Puis décida d'en escalader une, la plus petite d'entre elle. Il l'enjamba d'un seul bond, mais arrivé à son sommet, il rebondit et s'engouffra dans une profonde vallée. Se percutant au parois cotoneuse, dans une chutte qui ne semblait prendre fin. Lorsqu'il atteignit enfin le fond, il était toujours aussi impressionné par la douceur de sa chute, comme la première. Il se tourna sur le dos, puis regarda autour de lui. Les montagnes autours de lui étaient très abruptes. Leurs sommets escarpés et leur flanc noir néant.

Il fut prit d'effroi. Il esseya de cligné des yeux de toute ses force, mais n'y parvint pas. Le petit homme posa son regard sur le plus haut sommet, cette fois-ci. Puis il se décida à l'escalader, en se persuadant qu'il trouverait les couleurs les plus vives et pures au sommet de ses efforts les plus gros et difficiles.

Artymori
12 février 2009, 19h55
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Arrivé au pied de la montagne, le garçon leva la tête sur l'immensité qu'il s'apprêtait à escalader.
Seulement, un jaillissement de lumière polychromatique apparu aux yeux impressionnés du garçon jusqu'à l'éblouir au plus haut point et de ce fait, bruler très légèrement son cristallin... Cela semblait provenir du sommet de la montagne.
Surpris par ce jet étrange, le garçon se retourna maladroitement sans comprendre quoi que ce soit. Il sentit apparaitre des petites taches violettes et roses se déplaçant en continu en avant plan de sa présente vue abimée.

Aussitôt avoir repris ses esprits, il décida de continuer ce qu'il avait entrepris : escalader cette montagne à l'horizon indéfini.
Seulement, jamais plus il ne tenta de lever la tête. Il décida alors de grimper ce mont en suivant le chemin que ses larmes colorées ont auparavant tracé sur son visage.
Son intuition lui criait de suivre cette trajectoire tatouée.
<o:p> </o:p>
L'escalade commença alors sur la gauche de la paroi ouest du mont, puis elle continuait tout droit, puis dans la diagonale nord-est puis à nouveau tout droit... Il grimpa et grimpa, sans s'abaisser, ni se reposer une seule seconde. Plus il gagnait en altitude, plus puissante était la lumière... Il décida alors de s'arrêter quelques temps sur une avancée de nuage cotonneuse qui paraissait, au premier abord, sans danger.
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Pourtant...
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Les tâches violettes réapparurent soudainement alors qu'il se reposait les yeux fermés.
Soudain, il sentit une étrange matière humide et froide lui glisser entre les doigts.
Ce qui se manifestait par ailleurs doux et cotonneux, se transforma peu à peu en une sorte de crème glacée dégoulinante à la noix de coco. Il sentit tout son corps s'enfoncer dans cette substance coulante et parfumée.
Puis, pris d'assaut, il tenta de se relever et de reprendre laborieusement sa course effrénée à la recherche de ses couleurs perdues...

zozoescargot
18 février 2009, 16h12
Il tendait les mains en hauteur et continua a se hisser le long de la montagne nuageuse.
Il n'osait plus regarder vers le sommet de peur d'être à nouveau éblouis, même si cet éblouissement lui donnai une sorte d'ivresse qu'il aimait bien tout compte fait...
Il progressait de maniére méthodique sa main droite tendue vers le haut empoignait une onctueuse roche de nuage tendit qu'il poussait sur ses jambes qui s'enfonçaient si agréablement dans cette falaise cotonneuse. Puis c'était au tour de la main gauche d'explorer ce qu'il y avait plus haut et ainsi de suite... Il avançait en rythme comme si une mélodie guidait son corps et faisait jouer tous ses membres les uns après les autres.
Il continua plus vite, encore plus vite et de plus en plus vite, sa course effrénée vers le sommet prenait dans allures de danse folles, il se mit a rire, rire! il ne pouvait plus se retenir c'était si exquis! Il chanta, hurla, il se sentit vivant, si vivant qu'il se demanda même s'il n'était pas déjà mort...

Quand tout à coup, il se stoppa net.
Il était arriver sur une sorte de plate forme creusée dans la montagne. Il ne sut pas s'il était près du sommet mais il n'osa pas regarder vers la lumière polychromatique qui lui brulait les cheveux au dessus de lui.
la plate forme sur laquelle il se trouvait était assez étroite, elle continuait vers le cœur de la montagne, il distingua un couloir sombre et décida de l'emprunter.
Il s'avança dans cette grotte nuageuse. Les paroies étaient humides et gonflées, il faisait une chaleur à tomber. Ses mains devinrent moites et des petites perles de sueur roulèrent de son front jusque dans son cou, elles formèrent un joli collier sur sa peau grise. Alice les entendues rire d'un tout petit son étouffé. Ça lui chatouilla le cou et il esquissa un sourire du coin de la lèvre.
Il avançait à petits pas dans ce tunnel qui le rassurait. Il faisait toujours aussi sombre.

Enfin il arriva devant un porte. Toute petite. Il se pencha et essaya de l'ouvrir, mais avant même de pouvoir toucher la poignée la porte s'ouvrit en poussant un horrible cri strident. Alice plaqua ses mains sur ses oreilles de douleurs, les perles humides de son collier s'évanouir et disparut. Une fois la porte ouverte il pénétra dans une petite chambre d'un rose bonbon enchanteur. Les couleurs étaient si vives que son âme a lui devenue grise éprouva une pincée de jalousie.
Au fond de cette chambre était assise sur un cousin de soie brodée une petite fille.
Elle regardait par une fenêtre floue qui donnait vue sur toute la vallée aux couleurs.
Elle était si belle.
Le garçon entendait ses respirations lentes et retenues. L'air qu'elle expirait volait au dessus de sa chevelure étoilée et dessinait des arabesques magiques qui disparaissait presque aussitôt.

La petit fille n'avait pas remarqué sa présence.